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Équipe de recherche et d’action sur les polarisations sociales (RAPS) / La radicalisation: comprendre pour mieux agir

Fonds de recherche du Québec – société et culture (FRQSC : 2016-2020)

Dre. Cécile Rousseau, Transcultural Psychiatry, McGill University : Chercheure principale

Institut soufi de Montréal (ISM, Karim Ben Driss) : collaborateur des milieux de pratique

Équipe composée de 14 chercheur.es universitaires et de 17 collaboratrices et collaborateurs des milieux de pratique (santé, éducation, gouvernementaux et non-gouvernementaux)

Résumé du programme de recherche de l’Équipe RAPS :

En Europe et en Amérique du Nord, les tensions économiques et sociales actuelles, conjuguées aux représentations négatives envers les immigrants et les réfugiés, sont associées à une augmentation de diverses formes de discrimination et de radicalisation (religieuse, xénophobique ou autre), autant chez les membres des groupes majoritaires que minoritaires. Au Québec, les tensions intercommunautaires, alimentées par le débat autour de la Charte des valeurs en 2013-2014, ont eu un impact significatif sur la perception de la discrimination et sur la détresse psychologique des jeunes adultes. La polarisation sociale, accentuée par les attaques perpétrées contre les soldats canadiens à l’automne 2014 et le départ de jeunes collégiens vers la Syrie en 2015, suscite peurs et ressentiments de part et d’autre. Cette situation constitue un problème social et politique qui touche les sphères personnelle, familiale, communautaire et l’espace public. Cette problématique doit être comprise de façon systémique afin de concevoir des programmes d’intervention et de prévention efficaces qui contribuent à la fois à un vivre ensemble inclusif tout en ne minant pas la cohésion sociale comme l’ont fait les mesures sécuritaires promues dans le cadre de la guerre au terrorisme.

L’objectif général de cette équipe de recherche en partenariat est double. Il s’agit d’une part de mieux comprendre les liens entre le climat social actuel, les relations intercommunautaires et le phénomène de radicalisation de la majorité et des minorités au Québec. D’autre part, en se fondant sur cette compréhension et sur les savoirs locaux et internationaux, il s’agit de développer et d’évaluer des programmes de prévention et d’intervention visant à promouvoir des relations intercommunautaires plus harmonieuses et à diminuer le soutien à la radicalisation violente. La programmation de recherche comprend trois axes: L’axe I vise l’identification des déterminants (risque et protection) associés à la radicalisation chez les jeunes de la majorité et des minorités, la documentation des processus de communication dans l’espace public et dans la sphère privée, et la compréhension de la transformation du religieux au Québec et ailleurs. L’axe II, Intervenir sans stigmatiser, propose l’identification des bonnes pratiques au Québec et à l’international au moyen d’une revue systématique de la littérature. Un ensemble de recherches évaluatives vise également à documenter l’implantation et les effets des interventions (ligne d’appels et consultations cliniques) et de la formation prévues par le plan d’action gouvernemental dans le secteur de la santé et des services sociaux. L’axe III propose le développement et l’évaluation de programmes de prévention misant sur l’inclusion et visant à soutenir la formulation de discours alternatifs et la participation des jeunes, des familles, des communautés et des milieux de l’éducation à l’élaboration de solutions.

L’équipe regroupe des acteurs-clés du milieu de l’éducation, de la santé, du milieu communautaire et artistique, de même que des décideurs impliqués dans la mise en place du plan d’action gouvernemental dans le domaine. Les résultats permettront d’informer les politiques sociales et la législation autour du contexte de radicalisation.